12e dimanche

HOMÉLIE du 12e dimanche, lire le texte en Mt 10, 26 – 33

Pourquoi des messagers de paix sont-ils persécutés ? Et particulièrement Jésus : pourquoi a-t-il été même assassiné, alors qu’il a passé sa vie à faire du bien ? Qu’a-t-il fait de si grave ? En tout cas, le fait est là : les autorités civiles et religieuses ont décidé la mort de Jésus, une mort horrible. Et Jésus avertit ses amis que, s'ils lui sont fidèles, ils doivent s'attendre aux mêmes difficultés, aux mêmes épreuves.

Mais pourquoi donc fallait-il que Jésus soit  persécuté ? Don Helder Camara, le célèbre évêque brésilien, donnait réponse à cette question : quand je donne aux pauvres, les gens me félicitent. Mais quand je lutte pour qu'il y ait moins de pauvres, les mêmes me traitent de communiste. De même pour Jésus. S’il s'était borné à aider les malheureux et à prier pour eux, on l'aurait félicité ! Mais voilà, Jésus ne s'en est pas tenu là. A côté du bien qu’il a fait, il ne s’est pas gêné pour sèchement critiquer les autorités religieuses. Pour deux raisons : 1/ parce qu’elles imposaient aux gens des exigences strictement religieuses impossibles à observer, et 2/ parce qu’elles méprisaient les petits, les pauvres, les soi-disant pécheurs. 

Rappelons, par exemple, deux critiques de Jésus. L’une est adressée aux pharisiens, scribes et grands prêtres : « les prostituées et les collecteurs d'impôts vous  précèdent dans le Royaume de Dieu ». L’autre est sur les scribes et pharisiens : « Ces gens parlent bien mais ils ne font rien !  Ils ressemblent à des sépulcres blanchis, beaux à l'extérieur mais pleins de pourriture à l'intérieur. » Plus fort encore. Jésus n’hésita jamais à fréquenter ouvertement  les gens taxés d’être des pécheurs publics, ceux que justement évitaient ces mêmes scribes et pharisiens.

Car, et ceci est essentiel et si rarement enseigné, pour Jésus il est impossible d’aimer des gens sans s’opposer, durement s’il le faut, à ceux qui leur font du mal. Pour Jésus aimer le prochain commence par essayer de changer la société qui lui fait du tort. Aimer le prochain c’est agir pour que chacun soit respecté, même si cela dérange une soi-disant élite.

Jésus avertit donc ses disciples : s'ils ont le courage de continuer à agir en faveur des défavorisés, particulièrement en s’opposant à leurs oppresseurs, s'ils ont le courage de parler au grand jour, même sur les toits, s'ils ont le courage de prendre publiquement le parti des pauvres, c’est-à-dire le parti de Jésus, ils auront le même sort que lui. Aussi leur répète-t-il : Ne craignez pas les hommes... Ne craignez pas ceux qui tuent... Ne craignez jamais ! Dieu sera toujours à vos côtés. A ses yeux, vous valez bien plus qu'un moineau du ciel !

Je l’ai déjà souvent dit : le but premier de l'Église n'est pas d'abord de se préoccuper d'elle-même, de son fonctionnement, de la pureté de sa doctrine. Ce n’est pas cela témoigner de l'évangile. Et si les communautés chrétiennes ont à être fortes, proches de l'évangile, branchées sur Jésus par la prière et les sacrements, ce n'est pas d'abord pour elles-mêmes. C'est d'abord pour mieux servir le monde, surtout ceux qui souffrent. La foi passe par ce service.

Revient à nouveau la parole difficile de Jésus : "Quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai devant mon Père. » Mais renier Jésus n’est-ce pas justement se désolidariser des pauvres, des petits, des méprisés ?  Et donc se désolidariser de Jésus ?  Comprenons ces paroles si dures comme un appel à prendre très au sérieux notre mission de chrétiens qui est de nous mettre au service des plus pauvres. Manière essentielle pour nous d'être fidèles à Jésus.

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